Communiqué de presse, mercredi 8 juin 2011
Notre position en matière d’énergie peut se résumer par le slogan « Ni nucléaire, ni effet de serre ! ».
Et elle est réaliste : l’efficacité énergétique (augmentation des rendements), les économies d’énergie (changements de comportement) et le développement des énergies renouvelables permettent potentiellement de répondre à tous nos besoins énergétiques sans plus recourir aux énergies non renouvelables. Dailleurs qu’on le veuille ou non, la raréfaction des gisements renchérira le pétrole, l’uranium, puis le gaz et le charbon, au point que leur abandon s’imposera à nous. Il nous faut entamer dès maintenant la transition et tourner la page des énergies fossiles.
Aujourd’hui, on sait construire de façon économique des bâtiments qui n’ont besoin d’aucun apport d’énergies non renouvelables, or presque la moitié de toute l’énergie est utilisée pour le chauffage et la préparation de l’eau chaude sanitaire ! L’ère nucléaire, et son apparente abondance énergétique, nous a légué de nombreux gisements d'efficacité énergétique. Il sera d'autant plus facile d'approvisionner les besoins avec de l'énergie d'origine 100% renouvelable lorsque le potentiel des gisements d’économies seront réalisés. L'alternative à cette action volontariste serait de passer de l'actuelle consommation très inefficace d'énergies d'origine fossiles à une utilisation encore inefficace et tout autant gourmande, mais en énergies renouvelables.
L’association Noé21 appelle donc les députés genevois à ne pas adopter le projet de centrale à gaz à l’ordre du jour du prochain Grand Conseil.
Priorité : réduire la consommation plutôt que répondre à la demande
Il est aujourd’hui démontré, notamment par les relevés de consommation en Californie, que la courbe de consommation électrique n’est pas vouée à croître fatalement. En effet, pour autant que l’on s’en donne les moyens politiques et économiques (maîtrise de la demande, découplage, etc.), la consommation peut être maîtrisée, voire réduite (Vermont, USA). Les études et l’expérience prouvent d’ailleurs qu’un franc investi dans les économies génère 2 à 4 fois plus d’énergie (en « négawatts ») que lorsque cet argent est investi dans une production supplémentaire ! Ainsi, les 200 millions d’investissements projetés dans la centrale à gaz genevoise pourraient générer davantage de négawatts à moindre coût pour la régie et les consommateurs.
Une indépendance énergétique en trompe-l’œil
L’argument développé par les partisans de la construction d’une centrale à gaz est que Genève améliorerait ainsi son indépendance énergétique. C’est un trompe l’œil car le gaz doit être importé, nous serions alors dépendants des prix des marchés internationaux et d’importations, notamment de pays instables.
Plus efficace que nos approvisionnements existants ?
Le fait que cette centrale chaleur-force soit plus «rationnelle» que les centrales thermiques étrangères auprès desquelles nous nous approvisionnons encore partiellement, n’est pas un argument convaincant. Celles-ci continueront à fonctionner à plein, compte tenu du trend actuel de croissance de la consommation électrique à l’échelle mondiale. Et ceci même si les SIG devaient rompre leur contrat avec le Luxembourg – ce qui n’est pas garanti !
Un signal politique incompréhensible
Enfin, il nous apparaît politiquement problématique d’envoyer un message contradictoire à la population. Comment expliquer que nous devons économiser l’énergie et faire individuellement et collectivement des efforts, tout en construisant une nouvelle unité de production qui émettra autant de CO2 que 20’000 nouveaux pendulaires parcourant 25km chaque jour ?
NON, mais…
Toutefois, malgré tous les arguments invoqués ci-dessus, Noé21 n’évacue pas définitivement toute possibilité de construire des unités de couplages chaleur-force au gaz, dans une perspective de transition énergétique. Il faudrait néanmoins conditionner celles-ci à plusieurs choses :
- Que la consommation d’électricité plafonne enfin. Dans un tel contexte vertueux les garanties que les kWh thermiques et électriques soient utilisés à bon escient augmenteraient. C’est le contexte général qui compte, plus que la centrale en elle même
- Que la taille maximum des centrales CCF soit fixée à 2 MW (taille dite “centrale de quartier ou de village”), ce qui permettrait d’assurer que cette production ne servirait qu’à chauffer des bâtiments déjà rénovés thermiquement et ne serait pas ainsi gaspillée dans des immeubles “passoires”.
À l’heure où le Conseil Fédéral ne mentionne le gaz qu’en dernier recours de sa stratégie énergétique de sortie du nucléaire et souhaite mettre la priorité sur les économies d’énergie puis les renouvelables, il est temps pour Genève de montrer l’exemple et s’engager sans tarder sur les pas d’une indispensable révolution énergétique. Elle peut le faire en allouant tous les moyens prévus pour ce projet d’un autre temps dans les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables!
Pour plus dinformations:
Chaim Nissim - 079 316 98 13 - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it


